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Défense et illustration de la langue française de Joachim Du Bellay

lettere



Lingua e Letteratura Francese IV








« Défense et illustration de la langue française »

de Joachim Du Bellay










Observons tout d'abord que Joachim Du Bellay a vécu dans une période très difficile pour la France.

Il est né en 1522 dans le château de la Turmélière, à Liré, dans l' Anjou, et il est mort à Paris en 1560. Il vit sous le règne de François I et Henri II, mais c'est une époque instable pour la politique, mais surtout pour la religion, donc il y avait des conséquences visibles dans la littérature aussi.

L'époque où vit Du Bellay est la Renaissance, qui se caractérise surtout par une redécouverte de l'antiquité grecque et latine, et s'accompagne d'une forte confiance dans l'homme et dans son avenir ; elle demande que l'on revienne à la pureté du texte original. On voit émerger la figure de l' humaniste qui est d'abord un érudit qui étudie les textes antiques dans leur langue originale, et puis désigne l'homme de lettres. La politique joue un rôle très importante, parce que les guerres d' Italie mettent les Français en contact de ce nouveau type de civilisation. Les rois en reviennent chargés d'ouvres d'art ou de manuscrits, mais aussi accompagnés d'artistes, comme le peintre Leonardo da Vinci.

Les jeunes gens , acquis aux idées nouvelles, rêvent de faire de voyages en Italie afin d'y admirer les vestiges de la civilisation romaine et un mode de vie qui les fascine. Mais en même temps la France, jalouse de l' Italie, veut prouver qu'elle peut l'égaler dans le domaine artistique ou poétique.

Donc on avait le besoin de renouveler la littérature française, en tenant compte des ouvres latines et grecques, et italiennes aussi, mais surtout de créer une conscience nationale de la littérature.

Certes il y a le fort désir de doter la France d'une poésie nationale et moderne correspondant à la poésie antique, mais écrit en français et pas en latin. Cela est un des principes autour desquels se réunissent 737i82h les poètes de la Pléiade, la première et unique école poétique du XVI siècle, qui naît par l'union des élèves de deux collèges parisiens, celui de Coqueret et celui de Boncourt.

Du Bellay faisait partie du Collège de Coqueret, où il y avait un remarquable professeur de grec, Jean Dinemandi, dit Dorat, fervent admirateur des anciens, qui habitue les élèves à lire les textes, leur donnant les moyens pour comparer le latin et le grec, il est hors de doute que cette expérience fût très importante pour la formation de Du Bellay.

En 1549 il rédigea une sorte d'essai intitulé « Deffence et Illustration de la Langue Françoise » (« Défense et Illustration de la Langue Française »), en réponse à la publication de l'  « Art poétique », écrite par l'avocat Thomas Sébillet, en 1548.

L' ouvre de Du Bellay est considérée comme le manifeste de la Pléiade, parce que on y trouve les principes de la poésie « moderne », et c'est fondamentale pour comprendre les développements successifs.

Incontestablement entre l'  « Art poétique » de Sébillet et la « Défense » de Du Bellay on trouve des points communs, surtout le fondement : la défense de la langue française. Depuis le début du siècle les écrivains cherchent à donner un niveau de « noblesse » à une littérature écrite en français. Le latin est en effet, en France, la langue de deux grandes institutions détenant le savoir, l' Eglise et l' Université (par exemple la Sorbonne à Paris).

Rabelais avait déjà critiqué dans ses ouvres, écrites en français, les faux savants cachés derrière la protection de leur jargon latin.

Marot avait traduit des textes de Virgile, ainsi que des psaumes, comme Lefèvre d' Etaples avait traduit la Bible.

François I avait mené une politique en faveur du français, aboutissant en 1539, à l'ordonnance de Villers-Cotterêts : cette ordonnance impose la langue nationale dans tous les actes officiels.

Tous les écrivains du XVI siècle sont bien persuadés des beautés de la littérature antique, grecque et latine : c'est en elle que l'on va chercher les arts poétiques, les ouvrages de réflexions sur l'écriture, la composition et le sujet d'une ouvre, etc.

Nourrie de cette tradition, la littérature italienne des XV et XVI siècle apparaît comme un autre modèle pour les écrivains français. Par exemple, Marot avait commencé l'adaptation en français de formes poétiques grecques , latines et italiennes.

Toutefois on ne peut nier que entre l'ouvre de Sébillet et de Du Bellay on peut trouver aussi des différences : Thomas Sébillet propose comme point de référence pour la littérature le modèle de Marot, et donc de la poésie médiévale aussi. Quant aux modèles antiques ou italiens, il ne s'agit pas de les traduire en français ; il faut les imiter pour rivaliser avec eux, afin de les surpasser : on doit donc se nourrir de ces modèles non pour le reproduire, mais pour inventer, en français, une littérature qui n'ait rien à envier aux autres langues.

Les poètes de la Pléiade veulent montrer les capacités de leur langue maternelle à devenir une langue poétique.

Mais en réalité Du Bellay n'est pas trop originel : il prend ses idées dans le débat sur la langue qui se développe à partir du XVI et XVII siècle surtout en Italie ; on trouve des sources très évidentes dans le « Dialogo delle lingue » de Sperone Speroni (1500-1588), un écrivain connu surtout pour ses dialogues littéraire ou sur la morale. Dans ce traité, publié en 1542, l'auteur soutien l'importance du vulgaire par rapport au latin.

Du Bellay s'insère dans le contexte de la recherche d'une langue nationale, qui commence en Italie déjà autour le début du XIV siècle, quand Dante Alighieri écrivis le « De Vulgari Eloquentia », où l'auteur utilise, pour la première fois, d'une prose latine liée aux modèles de la rhétorique. Dans ce cas là l'ouvre n'as pas été écrite pour être divulgué, mais il utilise l'instrument linguistique que les doctes préféraient, afin de les convaincre de la valeur de la langue vulgaire. Donc il veut réserver la langue latine pour un communication entre les doctes.

En 1435 Leon Battista Alberti écrivis un chapitre célèbre pour défendre la langue vulgaire, la préface au troisième des « Libri di famiglia » , où il dit qu'il écrit en vulgaire afin que tout le monde comprend ce qu'il écrit (parce qu'il veut être utile pour tout le monde et pas plaisir à un nombre restreint de personnes et il soutien surtout la dignité du vulgaire.

De toute évidence le débat sur la langue en Italie a eu un rôle fondamental dans la formation littéraire de Du Bellay, qui s'inspire à ses idées nouvelles, et il les élabore à nouveau.

La « Défense » est donc le manifeste d'une école, mais aussi une ouvre importante à l'intérieure d'un cadre de pensée nouveau, qui veut changer la tradition.

Mais que signifie pour Du Bellay « défendre » la langue française ?

Les poètes de ce génération vont chercher à enrichir le langage poétique en diversifiant les registres du vocabulaire, en fabriquant des néologismes, et tout ce travail suppose une parfaite connaissance des mécanismes par lesquels une langue évolue et s'enrichit effectivement ; toute la réflexion humaniste depuis le début du siècle sur la philologie à préparé ce travail.

Du Bellay a dédié le livre à son oncle, le Cardinal Jean Du Bellay, avec qui il est vécu à Rome de 1553 à 1557 pour y remplir la fonction de secrétaire. En effet le livre commence par « A Monseigneur le révérendissime Cardinal Du Bellay », et puis il dit ce qu'il veut écrire et ce qu'il veut défendre et illustrer.

La dédicace est très importante dans une époque où les écrivains n'écrivaient pas pour gagner leur vie, mais ils cherchent la protection des personnages importants, des rois ou de riches protecteur qui les récompenseront par une pension, où qui les font vivre à la cour.

Ensuite Du Bellay s'adresse aux lecteurs, en disant qu'ils doivent juger son ouvre seulement à la fin, après avoir examiné tous ses raisons.

Le livre est divisé en deux parties, chacune composées de douze livres, mais son organisation n'est pas trop rigide. Au-devant de ce livre l'auteur avait inséré une épître de huit vers grecs à l'adresse de Dorat, son maître au collège de Coqueret, donc cette dédicace remarque l'importance qu'il a eu dans la formation culturelle de Du Bellay.

Dans le livre on trouve essentiellement deux types de discours : tout d'abord des argumentations sur la langue grecque et latine, et éventuels liaisons avec la langue française, c'est-à-dire comment il faut traduire et composer des oeuvres nouvelles à partir de celle qui existent déjà dans le monde classique. Dans le deuxième livre on trouve aussi des chapitres un peu plus techniques, par exemple sur la rime, la rhétorique, la choisie des mots, etc.

Le premier chapitre est plutôt général ; l'auteur parle de l'origine des langues, et il dit que toutes les vertus et les caractéristiques d'une langue viennent de la fantaisie des hommes, donc il se pose une question : si toutes les langues sont égales, pourquoi les savants pensent que le français soit incapable de toutes bonnes lettres et érudition ?

En effet le but du livre est démontrer que la langue française peut égaler le latin et le grec, et Du Bellay affirme que la pauvreté du français doit être attribué à l'ignorance des doctes qui ont préféré s'occuper d'autres choses :


« [.] on le doit attribuer à l'ignorance de nos majeurs, qui ayant ( comme

dit quelqu'un, parlant des anciens Romains) est plus grande recommandation

le bien faire que le bien dire, et mieux aiment lasser à leur postériorité les

exemples de vertu que les préceptes, se sont privé de la gloire de leurs

bienfaits, et nous du fruit de l'imitation d'iceux : et par même moyen nous

ont laissé notre langue si pauvre et nue des plumes d'autrui. »



Donc il croit que le français n'est pas pauvre par nature, mais seulement pour un manque d'intérêt des savants, qui ont toujours regardé avec admiration aux langues classiques, cependant il a beaucoup de confiance dans les potentialités de sa langue :


« Le temps viendra (peut-être), et je l'espère moyennant la bonne destinée

française, que ce noble et puissant royaume obtiendra à son tour les

rênes de la monarchie, et que notre langue (si avec Français , n'est du tout

ensevelie la langue française) qui commence encore à jeter ses racines,

sortira de terre, et s'élèvera en telle hauteur et grosseur qu'elle se pourra égaler

aux mêmes Grecs et Romains, produisant comme eux des Homères, . »


Donc Du Bellay pense que le français n'est pas « si vil et abject », et que, au contraire, il est capable de constituer des ouvres dignes comme celles écrites en grec ou en latin.

A partir du cinquième chapitre l'auteur parle des traductions et de l'imitation des anciens. Il pense que l'acte de traduire n'est pas le moyen unique pour élever le français, qu'il appelle « vulgaire » à l'égal d' autres langues, par exemple l'italien par rapport au latin.

Il commence à parler de l'  « invention » et de la « élocution », deux des cinq parties de bien dire (invention, locution, disposition, mémoire, prononciation), et il dit qu'on ne peut pas bien apprendre tout cela seulement comme traducteurs, parce qu'on ne peut pas rendre les argumentations avec la même grâce de l'auteur. A ce propos il porte l'exemple de Pétrarque et de la langue toscane, en disant :


« .et ce que je dis des langues latine et grecque se doit réciproquement

dire de tous les vulgaires, dont j'alléguerai seulement un Pétrarque, duquel

j'ose bien dire que si Homère et Virgile renaissants avaient entrepris de

le traduire, ils ne le pourraient rendre avec la même grâce et naïveté qu'il

est en son vulgaire toscan. »


En ce qui concerne cette argumentation il utilise, dans le chapitre sixième le jeu de mots « traducteur traditeur » (pris de l'adage italien « traduttore traditore »), en effet il pense que les traducteurs trahissent la matière qu'ils veulent exposer. Il ajout que s'il voulais traduire quelque chose, il ne s'adresserait jamais aux poètes, parce qu'ils ont des « caractéristiques » particulières (que Du Bellay appelle « divinité d'invention » ), un style très élevé et des sentences graves ; donc il insiste beaucoup sur le haut niveau et sur la magnificence de la poésie. Cependant il n'adresse pas son discours à ceux qui traduisent les ouvres les plus fameuses de la littérature grecque et latine, parce qu'il connaît bien la situation des poètes, qui doivent respecter les désirs des princes et de grands seigneurs.

Dans le chapitre septième et huitième Du Bellay analyse comment les Romains ont enrichi leur langue et comment on peut enrichir la langue française aussi par l'imitation des ouvres grecques et latines. Il dit que les écrivains latins ont imité les grecs après avoir bien lu les ouvres et après les avoir « digérées les convertissant en sang et nourriture », donc Du Bellay fait comprendre que le travail qu'il faut faire d'abord est de bien lire et bien analyser une ouvre pour la posséder vraiment.

Il ajoute que, pour enrichir la langue française, il faut imiter les auteurs grecs et latins, mais il faut faire un travail profond et bien structuré, autrement on arrive à « une chose certes autant vicieuse, comme de nul profit à notre vulgaire », donc il souligne un concept qui est pour lui très important : on ne doit pas « imiter à pied levé » parce que c'est complètement inutile.

Dans le chapitre neuvième Du Bellay fait une sorte de pause, en répondant à quelques objections, surtout à ceux qui disent que le français ne possède pas les déclinations et les nombres du grec et du latin, et que c'est une langue irrégulière : il affirme que sa langue se décline aussi, sinon par les noms et les pronoms, par les verbes en tous leur temps, modes et personnes. Il ajoute que quelquefois le français peut recevoir les ornements et les artifices des langues classiques, et il dit aussi qu'il faut exploiter la naturelle douceur des sons.

A la fin du chapitre Du Bellay répond à ceux qui disent que la langue française tarde à devenir parfait comme les autres langues, et à ce propose il formule une métaphore sur la nature :


« [.] ainçois je dis qu'elle se pourra tenir certaine de la garder longuement

l'ayant acquise avec si longue peine, suivant la loi de nature, qui a voulu que

tout arbre qui naît, fleurit et fructifie bientôt, bientôt aussi envieillisse et

meure : et au contraire, celui durer par longues années, qui a longuement

travaillé à jeter ses racines. »   


Donc Du Bellay est convaincu qu'un jour les ouvres écrites en français jouiront de la gloire et des honneurs qu'ils méritent, juste comme celles latines, grecques et italiennes.

Dans le dixième chapitre l'auteur précise que ses discours sont adressés surtout aux poètes et aux orateurs ; il parle de la philosophie et il dit que les latins ont employé des vocables grecs comme « rhétorique », « musique », « géométrie », « philosophie », les noms des sciences, des maladies, des herbes, sans les changer. Il ajoute aussi que les caractéristiques d'une langue dépendent de la fantaisie des hommes, et donc on peut faire des doctrines philosophiques dans toutes les langues.

Après avoir parler à nouveau du latin et grec, il dit :


« Beaucoup plutôt nous hommes devrions faire le semblable, chacun

avec sa langue, sans avoir recours aux autres »


A la fin il dit qu'il espère qu'un jour quelque « bonne personne, non moins hardie qu'ingénieuse et savante » donnera à la langue française « la fleur et le fruit de bonnes lettres », donc il a confiance en quelqu'un qui pourra lui donner la gloire.

Dans le chapitre successif il dit d'abord qu'il faut bien connaître le grec et le latin pour faire des ouvres excellents en vulgaire, mais il est convaincu qu'on ne peut pas parvenir au niveau d'excellence des langues classiques.

Dans le dernier chapitre Du Bellay remarque sa confiance dans les savants, en disant que le français n'a pas encore son Cicéron ou son Virgile, mais bientôt il pourra se mettre au rang des langues classiques.

Le second livre est un peu plus technique, et au début il remarque que « sans l'imitation des Grecs et des Romains nous ne pouvons donner à notre langue l'excellence et lumière des autres plus fameuses  et qu'à son avis la poésie française est capable d'un style haut.

Dans le deuxième chapitre Du Bellay parle des poètes médiévaux, et il dit qu'ils ont bien illustré la langue, et que la France ne doit pas les oublié, mais il ajoute qu'il n'existe pas autre chose de plus exquise de la poésie latine et grecque, et il souligne qu'il faut l'imiter pour enrichir et illustrer la langue française.

Dans le troisième chapitre il remarque les mêmes observations, mais il ajoute que l'amplification de la langue française n'est pas possible sans doctrine et sans érudition, et à ce propos Du Bellay dit explicitement que :



« ceux qui aspirent à cette gloire d'imiter les bons auteurs grecs et

romains, voire bien italiens, espagnols et autres, ou du tout n'écrire

point, sinon à soi (comme on dit) et à ses Muses »


Dans le quatrième chapitre il suggère   aux poètes futurs de lire et de relire. Il parle de différents genres littéraires : l'élégie (surtout d' Ovide, de Tibulle et de Properce), et il dit de garder que les poèmes soient éloignés du vulgaire, enrichis et illustré de mots propres, et ornés de graves sentences. Il parle aussi des épîtres, mais en disant qu'un poème n'enrichi pas beaucoup le vulgaire. Il nomme aussi Horace et ses satyres.

Ensuite il prend en considération les sonnets de Pétrarque et à la fin du chapitre il parle des comédies et des tragédies, et il remarque :


« si les rois et les républiques les voulaient restituer en leur ancienne

dignité, qu'ont usurpée les farces et moralités, je serais bien d'opinion

que tu t'y employasses, et si tu le veux faire pour l'ornement de ta langue,

tu sais où tu en dois trouver les archétypes » 


et on peut affirmer que au dix-septième siècle le théâtre a eu un très grand succès, surtout grâce aux auteurs comme Corneille, Molière et Racine, qui lui ont restitué l'ancienne dignité.

Au début du cinquième chapitre Du Bellay s'adresse aux poètes avec une sorte de prière :



«  ô toi (dis-je), orné de tant de grâces et perfections , si tu as quelquefois

pitié de ton pauvre langage, si tu daignes l'enrichir de tes trésors, ce sera

toi véritablement qui lui feras hausser la tête, et d'un brave sourcil s'égaler

aux superbes langues grecque et latine, comme a fait de notre temps en

son vulgaire un Arioste italien, que j'oserais (n'était la sainteté des vieux

poèmes) comparer à un Homère et Virgile »


Il dit qu'il y a des écrivains qui ornent et amplifient des romans qui n'entretiennent que des demoiselles : l'auteur suggère d'employer leur temps et leur éloquence pour recueillir des fragments de vieilles chroniques françaises pour bâtir le tissu d'une belle histoire, comme a fait Tite Live avec les chroniques romaines.

Il s'adresse aux écrivains pour exhorte à expérimenter des nouvelles techniques afin d'atteindre la gloire et l'excellence en littérature. Et à ce propos, il dit juste à la fin du chapitre :


« c'est la gloire, seule échelle par les degrés de laquelle les mortels

d'un pied léger montent au ciel et se font compagnons des dieux »


Les derniers chapitres s'occupent des aspects techniques et formels de la langue poétique : l'invention de mots nouveaux, la rime, la versification, la prononce.

Il dit que les poètes doivent inventer quelque mots ; ils peuvent les adapter ou les composer. Il ajoute d'employer fréquemment des mots purement français, ni trop communs, ni trop inusité, et d'adopter quelquefois des mots tirés des ouvres classiques, « ainsi qu'un pierre précieuse et rare

En ce qui concerne la rime, Du Bellay croit qu'elle doit être riche, c'est-à-dire volontaire, non-forcée, propre et naturelle, bref « elle sera.accord »

Autrement, à son avis, il fait mieux que le poète ne rime point, et qu'il compose des vers libres.

Dans le chapitre huitième l'auteur parle des « bardes », une secte de poètes qui chantaient mélodieusement leurs rimes avec des instruments. Puis il explique deux caractéristiques de la langue française qui étaient antiques et fort vulgaires : l'inversion de lettres en un propre nom (par exemple « Henri de Valois, De façon suis royal »), et une élection des lettres capitales, disposées en sorte qu'elle portent ou le nom de l'auteur ou quelque sentence (en un épigramme).

Ensuite Du Bellay parles des figures rhétoriques et de la façon d'employer l'infinitif au lieu des noms, les verbes et les participes avec des infinitifs, etc. Il conseille d'utiliser souvent l' antonomase, qui consiste en la désignation de quelque chose par ce qui est lui propre, par exemple « la vierge chasseresse » pour indiquer Diane. Il parle aussi des épithètes, qui étaient fortement employés par Horace entre les latins.

Il dit que les poètes ne doivent jamais oublier l'article, et ils doivent aussi garder que dans le vers n'y ait rien de dur or redondant, et que les phrases soient bien liées.

Il remarque que la prononce des vers est très important aussi ; l'orateur doit avoir une voix claire et bien virile. Il dit qu'il faut hanter quelquefois toutes sortes d'ouvriers et gens mécaniques (fondeurs, peintres) et savoir leur inventions, les noms de matières, des outils, etc. A la fin il répète qu'il ne veut que défendre la langue française, son ornement et son amplification.

Dans le dernier chapitre Du Bellay exhorte le français à écrire en leur langue ; il dit que Thémistocle a montré que la loi naturelle commande à chacun de défendre le lieu de naissance, et donc, par analogie, il faut garder aussi la dignité de la langue. Il ajoute que la France n'a été pas eu beaucoup de chance, mais qu'elle est de toute façon à préférer à l' Italie, « serve maintenant et mercenaire de ceux auxquels elle soulait commander ». Il dit que Pétrarque et Boccace ont eu de la chance surtout parce qu'ils ont écrit en italien, tout en vers comme en prose, en illustrant leur langue.

Il ajoute encore qu'il faut écrire en vulgaire, parce qu'on a été déjà beaucoup écrit en latin et en grec.

Dans les lignes que Du Bellay appelle « conclusion de toute l'ouvre » il encourage encore une fois les français


« Là donc, Français, marcher courageusement vers cette superbe cité

romaine : et des serves dépouilles d'elle (comme vous avez fait plus d'une

fois) ornez vos temples et autels »


Ensuite il dédie un sonnet à « l'ambitieux et avare ennemi des bonnes lettres », où il souligne que l'honneur devrait être immortel « car un clair nom sous Mort jamais ne tombe », et à la fin il ajoute une ligne des « Odes » de Horace , « caelo musa beat , c'est-à-dire « La Muse le rend heureux en lui ouvrant le ciel », don on voit que le thème de la gloire immortelle est très important pour l'auteur.

Après le sonnet on trouve un autre paragraphe pour le lecteur, où le poète s'excuse pour ses fautes, en disant que cela n'est que la première édition, et qu'il essayera de accroître son savoir.

On a vu, donc, que Du Bellay a écrit une sorte de manifeste, pour faire comprendre l'importance de composer des ouvres en français. Pour lui ce thème est encore plus important, si on rappelle qu'il se trouvait à Rome, loin de sa patrie, et que sa langue est comme un refuge, elle devient sa patrie. En plus, en vivant en Italie, il se trouve continuellement en contact avec une culture différente, mais très riche, et dans les ouvres successives de Du Bellay on trouvera des références précises à des autres auteurs comme Pétrarque, Dante, Virgile, Homère, etc.

Il pense que l'art du poète consiste à se consacrer à l'imitation des Anciens, tout en respectant certaines règles de versification spécifiquement françaises ; son but ne doit pas être seulement de distraire, mais de célébrer des valeurs éternelles et de chanter les louanges des grands hommes, qui se trouvent ainsi voués à l'immortalité grâce à la beauté de ses vers.

Du Bellay employa ses théories dans l'ensemble de son ouvre poétique ; par exemple en 1549 il publie un recueil de sonnets amoureux, « L' Olive », qui mêle sonnets originaux et sonnets imités du « Canzoniere » de Pétrarque.

A la même période il écrivit des « Vers lyriques » à l'imitation d'Horace. Il utilise les artifices qu'il a suggéré dans la «Défense » dans « Les Regrets » et dans « Les Antiquités de Rome ».

Pour conclure on peut affirmer que l'importance de ce texte fondateur dépasse les limites du sixième siècle, puisque son influence reste sensible dans la poésie contemporaine malgré les révolutions littéraires successives. On parle des effets sur la poésie successive parce que dans XVI et XVII siècle on n'a pas un grande développement de la poésie, et le genre qui domine et se raffine est surtout le grand théâtre, donc la comédie (avec Molière) et la tragédie (surtout avec Corneille et Racine)  













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